Le subir les persécutions tant qu’il n’aura

Le conflit israélo-arabe prit ses racines au début du siècle dernier. En effet, les pogroms en Europe de l’Est et la montée de l’antisémitisme en Europe vont pousser Theodore Herzl, un journaliste juif autrichien, à croire que le peuple juif est condamné à subir les persécutions tant qu’il n’aura pas d’Etat. Il initie donc le premier congrès sioniste mondial en 1896, qui va institutionaliser le sionisme et plus tard amener des Juifs d’Europe à émigrer vers la Palestine, terre de l’antique royaume d’Israël.Cependant les populations locales en Palestine voient d’un mauvais œil cette idéologie et des heurts éclatent dès 1919.L’Angleterre, favorable au mouvement sioniste, va être mandatée pour la Palestine en 1920 suite au démantèlement de l’Empire Ottoman. Jusque-là plutôt faible, l’immigration juive en Palestine mandataire va s’intensifier à partir des années 30, lors de l’avènement d’Hitler en Europe. Inspirés par le nationalisme arabe et contre le sionisme, les populations locales se révoltent en 1936. Malgré leur défaite militaire, ils obtiennent quelques concessions des britanniques en 1939. Cependant, les tensions croissantes entre les deux communautés vont rapidement rendre la situation ingérable. Ainsi les britanniques demandèrent à l’ONU de trouver une solution en 1947. Le plan pour la partition de la Palestine est voté par l’assemblée générale, amorçant une guerre civile de six mois qui pris une autre forme suite à la déclaration d’indépendance de l’état d’Israël le 7 mai 1948 par David Ben Gurion. L’Egypte, la Jordanie, la Syrie, L’Iraq et le Liban déclarèrent la guerre à Israël. Cette guerre se solda par un échec militaire pour les états arabes. La Jordanie annexa la partie ouest du Jourdain tandis que l’Egypte occupa la bande de Gaza. Cette guerre entraîna deux exodes : 700 000 palestiniens devirent réfugiés, et 800 000 juifs des pays arabes s’exilèrent durant une période qui s’étala sur vingt ans.  C’est en 1956 que le prochain conflit entre un pays arabe et Israël eut lieu. En effet, Israël participa à l’opération franco-britannique pour reprendre le canal de Suez à l’Egypte, nationalisé par Nasser. Cependant, cette opération fut un échec et l’Egypte en sortit glorifiée vis-à-vis du monde arabo-musulman. En mai 1967, l’Egypte interdit aux navires israéliens de traverser les détroits de Tirant. Considérant cet acte comme un casus belli, Israël attaqua en surprise l’Egypte, la Jordanie et la Syrie le 5 juillet. Durant cette guerre de Six-Jours, les armées arabes furent anéanties et Israël prit le contrôle sur la Cisjordanie (et Jérusalem-Est), le Sinaï égyptien, le Golan syrien et entraîna le départ d’environ 400,000 arabes. C’est le début de la colonisation israélienne.Toutefois les tensions ne se dissipèrent pas et c’est en 1973 que l’Egypte et la Syrie attaquèrent Israël, tentant de récupérer leurs territoires occupés. Bien qu’avec difficulté, l’état hébreux sortit vainqueur de cette guerre du Kippour.Deux ans plus tard, une guerre civile de 15 ans se déclencha au Liban en opposant les milices palestiniennes, chassées de Jordanie cinq ans plus tôt, à des factions libanaises majoritairement chrétiennes. Au sud du pays, ces milices palestiniennes établirent un état dans l’état servant de base d’attaque contre Israël, aux dépens de la souveraineté libanaise. En 1982, Israël envahit et occupa (jusqu’à 2000) le Sud, entraînant la même année l’évacuation de Yasser Arafat et de son organisation, l’OLP, vers Tunis.Les territoires palestiniens, alors totalement occupés par les israéliens, voient la première intifada s’amorcer en 1987. Caractérisée par la désobéissance civile et des manifestations, la « guerre des pierres » fut violemment réprimée par l’armée israélienne. Elle se termina en 1993 avec la signature des accords d’Oslo qui aboutit à la création pour la première fois de zones autonomes palestiniennes ; l’autorité palestinienne est née. En outre, la Jordanie fut le second pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1994, après l’Egypte (en 1979). Yitzhak Rabin, artisan des accords d’Oslo avec Arafat, meurt assassiné en 1995 par un extrémiste juif israélien, portant un coup quasi fatal au processus de paix israélo-palestinien.La seconde intifada, caractérisée par une extrême violence, débuta en 2000 après qu’Ariel Sharon ait visité l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Cette visite, perçue comme une provocation par les palestiniens engendra de violentes émeutes et manifestations… Cette période fut aussi marquée par la répression violente des manifestations et par de nombreuses attaques terroristes visant la population israélienne. On considère que cette période prit fin en 2005. La même année, l’état hébreux se retira totalement de la bande de Gaza qui resta néanmoins sous blocus. Dès lors le Hamas et le Fatah, factions palestiniennes, se disputèrent le contrôle de ce territoire jusqu’à s’entretuer.Israël fut à nouveau en conflit avec le Hezbollah au Liban en juillet 2006 après que le Hezbollah, une milice libanaise chiite pro-iranienne ait attaqué des soldats israéliens de l’autre côté de la frontière. Israël bombarda le Liban tandis que le Hezbollah envoyait des roquettes vers Israël. Les infrastructures libanaises furent endommagées et plus d’un millier de civils périrent.C’est dans le contexte d’une bande de gaza étouffée par le blocus israélo-égyptien et dominée par le Hamas, un mouvement islamiste palestinien prônant la destruction de l’état d’Israël, qu’une série de guerres meurtrières se produisirent en 2008, 2011, 2012 et 2014. Dans cette « prison à ciel ouvert » qui détient une des densités de population la plus élevée au monde, toute guerre ne peut s’avérer que désastreuse pour les populations civiles. Aujourd’hui, le processus de paix demeure au point mort, d’une part à cause de la désunion politique palestinienne et de l’autre à cause du gouvernement israélien de droite. Comme points de désaccords majeurs, on retrouve le statut de Jérusalem, le démantèlement des colonies israéliennes en Cisjordanie, le tracé des frontières, le statut des réfugiés palestiniens et même aussi le partage des ressources, notamment hydrauliques.On remarque que le nationalisme arabe a d’abord prévalu sur le nationalisme palestinien jusqu’en 1967, et que des mouvements islamistes sont apparus lors de la première intifada. Certains ont préconisé un état binational unifiant Israël et les territoires palestiniens, tandis que le partage des territoires palestiniens entre l’Egypte et la Jordanie convenait à d’autres. Des partis palestiniens, comme le Hamas, voudraient abolir Israël et expulser sa population juive. D’autres, comme le président israélien Reuven Rivlin, croient en l’annexion des territoires palestiniens et en la naturalisation des populations locales, tandis que d’autres plus extrémistes mais certes minoritaires, souhaiteraient annexer les territoires en expulsant ou en conférant aux populations locales un statut de seconde classe.Cependant depuis la fin du siècle dernier, la solution à deux états est devenue la voie faisant le plus consensus et étant la plus populaire, aussi bien auprès des palestiniens que des israéliens.A ce jour, des millions de réfugiés palestiniens demeurent toujours dans des camps de réfugiés à travers les pays arabes, qui ne souhaitent les intégrer, à l’exception notable de la Jordanie.Dans cet « Orient compliqué » (Charles de Gaulle), seules une union politique palestinienne, une paix entre les pays arabes et Israël et une volonté israélienne réelle pourront aboutir au possible règlement du conflit israélo-arabe et par conséquent du conflit israélo-palestinien.